Usurpation Identité Coopérative U

Usurpation identité contre la Coopérative U via un nom de domaine cybersquatté

Une usurpation identitĂ© contre la CoopĂ©rative U a Ă©tĂ© traitĂ©e dans la dĂ©cision UDRP D2026-2470. Elle montre comment un faux nom de domaine peut servir Ă  prĂ©parer une fraude par courrier Ă©lectronique. Dans cette affaire, un tiers a enregistrĂ© <cooperatives-u.com> afin d’usurper l’identitĂ© du groupe CoopĂ©rative U et d’un de ses salariĂ©s.

Le RequĂ©rant est CoopĂ©rative U. C’est un groupement français coopĂ©ratif de commerçants intervenant dans le domaine de la grande distribution. Le RequĂ©rant exploite des chaĂźnes de supermarchĂ© partout en France sous une sĂ©rie d’enseignes telles que SUPER U, HYPER U, MARCHÉ U et SYSTÈME U. La notoriĂ©tĂ©, particuliĂšrement en France, du RequĂ©rant et de ses diffĂ©rentes marques et enseignes est documentĂ©e dans le cadre de cette procĂ©dure UDRP.

Usurpation identité Coopérative U : un nom de domaine créé pour une fraude

Le nom de domaine litigieux est <cooperatives-u.com>. Il a été enregistré le 12 janvier 2026.

Rapidement, plusieurs Ă©lĂ©ments ont alertĂ© CoopĂ©rative U. En effet, le nom de domaine reprenait une partie essentielle de son identitĂ© commerciale. De plus, il permettait de crĂ©er des adresses Ă©lectroniques proches de celles d’une vĂ©ritable entreprise.

La levĂ©e d’anonymat rĂ©alisĂ©e aprĂšs le dĂ©pĂŽt de la plainte a rĂ©vĂ©lĂ© une situation particuliĂšre. Les coordonnĂ©es du DĂ©fendeur correspondaient au patronyme d’un employĂ© du RequĂ©rant.

Cependant, cet employé a confirmé que son identité avait été usurpée.

Le DĂ©fendeur a Ă©galement configurĂ© des serveurs de messagerie, appelĂ©s MX. Cette configuration permettait d’utiliser le nom de domaine litigieux comme outil de messagerie. La dĂ©tection de l’utilisation de mails associĂ©s Ă  un nom de domaine litigieux peut ĂȘtre rĂ©alisĂ© par un monitoring SecURL Âź.

Ainsi, l’auteur pouvait envoyer des courriels avec une adresse utilisant @cooperatives-u.com. Cette technique renforce fortement la crĂ©dibilitĂ© d’une attaque par hameçonnage.

La Commission administrative relÚve ensuite que le Défendeur a adressé des courriels à des fournisseurs habituels du Requérant.

Ces messages utilisaient l’identitĂ© de CoopĂ©rative U et celle de son salariĂ©. Leur objectif Ă©tait manifestement frauduleux.

Le RequĂ©rant a tentĂ© plusieurs dĂ©marches auprĂšs de l’UnitĂ© d’enregistrement afin de neutraliser le domaine et de dĂ©sactiver les services de messagerie. Toutefois, ces dĂ©marches sont restĂ©es sans succĂšs.

CoopĂ©rative U a donc dĂ©cidĂ© d’engager une procĂ©dure UDRP auprĂšs du Centre d’arbitrage et de mĂ©diation de l’OMPI.

Une procĂ©dure UDRP menĂ©e en français devant l’OMPI

La plainte a été déposée en français le 8 juin 2026.

Le contrat d’enregistrement du nom de domaine litigieux Ă©tait pourtant rĂ©digĂ© en anglais. Toutefois, CoopĂ©rative U a demandĂ© que le français soit retenu comme langue de procĂ©dure.

Plusieurs arguments ont justifié cette demande.

Tout d’abord, le RequĂ©rant est une sociĂ©tĂ© française. Il exerce Ă©galement ses activitĂ©s depuis la France.

Ensuite, les informations communiquĂ©es par l’UnitĂ© d’enregistrement indiquaient que le DĂ©fendeur Ă©tait localisĂ© en France. Les donnĂ©es RDAP mentionnaient notamment le code ISO-3166 FR.

Par ailleurs, le Défendeur avait communiqué un numéro de téléphone correspondant à la numérotation française. Il avait également indiqué une adresse postale située en France.

Enfin, un élément supplémentaire a été déterminant. Le Défendeur avait utilisé la langue française dans un courriel frauduleux envoyé depuis une adresse créée avec le nom de domaine litigieux.

La Commission administrative a donc considéré que les principaux facteurs de rattachement concernaient la France. Elle a ainsi accepté que la procédure se déroule en français.

Une marque COOPERATIVE U clairement reprise dans le domaine litigieux

Coopérative U dispose de droits sur plusieurs marques, dont :

  • la marque française COOPERATIVE U, enregistrĂ©e sous le numĂ©ro 5038372 le 13 mars 2024 ;
  • la marque française COOPERATIVE U semi-figurative, enregistrĂ©e sous le numĂ©ro 5038369 le 13 mars 2024.

La premiùre condition de l’UDRP concerne la similitude entre la marque et le nom de domaine.

Sur ce point, la Commission administrative n’a pas hĂ©sitĂ©.

Elle estime que la marque COOPERATIVE U est reconnaissable dans le nom de domaine <cooperatives-u.com>.

La présence du terme au pluriel « coopératives » ne change pas cette analyse.

Ainsi, la Commission considĂšre que le nom de domaine litigieux est similaire au point de prĂȘter Ă  confusion avec la marque du RequĂ©rant.

La premiĂšre condition des Principes directeurs UDRP est donc remplie.

Un usage frauduleux excluant tout droit légitime

La Commission administrative examine ensuite l’existence Ă©ventuelle de droits ou d’intĂ©rĂȘts lĂ©gitimes du DĂ©fendeur.

Cependant, aucun Ă©lĂ©ment n’a Ă©tĂ© fourni en ce sens.

Le DĂ©fendeur n’a pas rĂ©pondu Ă  la plainte. Il n’a donc pas dĂ©montrĂ© un quelconque intĂ©rĂȘt lĂ©gitime sur ce nom de domaine.

Au contraire, l’utilisation du domaine pour envoyer des courriels frauduleux exclut tout droit lĂ©gitime.

La Commission rappelle qu’un nom de domaine utilisĂ© pour une activitĂ© illĂ©gale, comme l’usurpation d’identitĂ© ou le phishing, ne peut jamais crĂ©er un intĂ©rĂȘt lĂ©gitime.

De plus, le nom de domaine prĂ©sente un risque d’affiliation implicite avec CoopĂ©rative U.

Un fournisseur pouvait donc croire qu’il Ă©changeait rĂ©ellement avec le groupe.

Une mauvaise foi caractĂ©risĂ©e par l’usurpation d’identitĂ©

La troisiùme condition de l’UDRP concerne l’enregistrement et l’utilisation de mauvaise foi.

Dans cette affaire, la Commission administrative constate plusieurs éléments aggravants.

D’une part, le DĂ©fendeur a enregistrĂ© un nom de domaine quasi identique Ă  la raison sociale et Ă  la marque du RequĂ©rant.

D’autre part, il a utilisĂ© le patronyme usurpĂ© d’un salariĂ© de CoopĂ©rative U.

Enfin, il a utilisĂ© le domaine comme adresse Ă©lectronique afin d’usurper l’identitĂ© du groupe et de son employĂ©.

L’objectif Ă©tait clair : tenter d’obtenir des paiements frauduleux auprĂšs d’un fournisseur habituel de CoopĂ©rative U.

La Commission administrative reprĂ©sentĂ©e par l’expert OMPI William Lobelson considĂšre donc que le DĂ©fendeur a cherchĂ© Ă  abuser de la confiance de ce fournisseur.

Elle conclut que l’enregistrement et l’utilisation du nom de domaine rĂ©sultent d’une mauvaise foi manifeste.

En conséquence, elle ordonne le transfert de <cooperatives-u.com> au profit de Coopérative U.

L’UDRP, un outil efficace contre l’usurpation numĂ©rique

Cette dĂ©cision illustre une nouvelle fois l’intĂ©rĂȘt de l’UDRP face aux attaques utilisant les noms de domaine.

Aujourd’hui, les fraudeurs ne cherchent plus uniquement Ă  copier un site Internet. Ils utilisent aussi les noms de domaine pour crĂ©er de fausses adresses Ă©lectroniques.

L’objectif est souvent de tromper des clients, des fournisseurs ou des partenaires.

CoopĂ©rative U utilise Ă©galement rĂ©guliĂšrement la procĂ©dure UDRP contre des noms de domaine frauduleux, comme dans cette affaire d’usurpation visant les magasins U.

Dans cette ancienne affaire et dans celle prĂ©sentĂ©e dans cet article, le cabinet PLASSERAUD IP Avocats a reprĂ©sentĂ© CoopĂ©rative U avec succĂšs devant l’OMPI.

La dĂ©cision D2026-2470 rappelle enfin un principe essentiel : la surveillance des noms de domaine proches d’une marque reste indispensable pour dĂ©tecter rapidement une usurpation identitĂ© contre la coopĂ©rative U ou toute autre tentative de fraude numĂ©rique.

Usurpation de l’identitĂ© de BPCE

L’UDRP conme recours contre l’usurpation de l’identitĂ© de BPCE (Banque Populaire et Caisse d’Épargne)

L’usurpation de l’identitĂ© de BPCE (Banque Populaire et Caisse d’Épargne) est une menace constante. Trois dĂ©cisions rĂ©centes de l’UDRP montrent comment des fraudeurs utilisent des noms de domaine pour tromper les clients et usurper des identitĂ©s professionnelles.

BPCE : un acteur bancaire majeur sous la menace de l’usurpation

BPCE, cf leur site internet https://www.groupebpce.com/, est l’un des plus grands groupes bancaires français. Il offre une gamme complĂšte d’activitĂ©s bancaires, financiĂšres et d’assurance. Le groupe opĂšre via deux rĂ©seaux de banque coopĂ©rative, Banque Populaire et Caisse d’Épargne, ainsi que par ses filiales. BPCE est prĂ©sent dans plus de 40 pays. Il emploie 105 000 collaborateurs pour 36 millions de clients, dont 9 millions sont actionnaires de coopĂ©ratives. Sa notoriĂ©tĂ© attire les fraudeurs qui exploitent la confiance des clients.

Retour sur trois victoires UDRP

<gestionpriveepatrimoine.com> D2026-0245

Le nom de domaine <gestionpriveepatrimoine.com> a servi Ă  envoyer des emails depuis « […]@gestionpriveepatrimoine ». Les fraudeurs se faisaient passer pour un « Consultant Manager – Groupe BPCE ». Leur but Ă©tait de commettre une fraude financiĂšre. La dĂ©cision UDRP D2026-0245 a transfĂ©rĂ© le nom de domaine Ă  BPCE. Cette affaire montre comment les escrocs utilisent la rĂ©putation du groupe pour tromper les clients.

<patrimoine-bpce.com> et <patrimoinebpce.com> D2024-2319

Les noms de domaine <patrimoine-bpce.com> et <patrimoinebpce.com> ont été employés pour envoyer des emails frauduleux. Les expéditeurs se faisaient passer pour des employés du groupe. La décision D2024-2319 a ordonné le transfert des noms de domaine à BPCE. Cette affaire souligne le risque des variantes de domaines proches, qui créent la confusion chez les clients.

<corporatebpce.com> D2024-0200

Le nom de domaine <corporatebpce.com> a Ă©tĂ© utilisĂ© pour crĂ©er l’adresse email « […]@corporatebpce.com ». Elle usurpait l’identitĂ© du directeur de BPCE Solutions ImmobiliĂšres, filiale du groupe. Cette adresse servait Ă  envoyer des offres d’investissement Ă  des clients potentiels. La dĂ©cision D2024-0200 a confirmĂ© le transfert du domaine Ă  BPCE. Cela dĂ©montre l’usage ciblĂ© des noms de domaine pour escroquer les clients.

L’importance de l’UDRP pour BPCE

BPCE utilise rĂ©guliĂšrement l’UDRP contre les noms de domaine frauduleux. Cette procĂ©dure protĂšge l’image et la sĂ©curitĂ© des clients. Elle permet de bloquer le phishing et l’usurpation d’identitĂ©. Pour un exemple concret, consultez cette autre affaire : Faux site bancaire Groupe BPCE.

Les dĂ©cisions D2026-0245, D2024-2319 et D2024-0200 illustrent l’ampleur de l’usurpation de l’identitĂ© de BPCE. Les fraudeurs envoient des emails trompeurs et crĂ©ent des adresses usurpant des dirigeants.

L’UDRP reste un outil clĂ© pour protĂ©ger le groupe, sĂ©curiser les clients et prĂ©server la rĂ©putation des services financiers. Les entreprises doivent surveiller activement les noms de domaine et agir rapidement via les procĂ©dures extrajudiciaires de l’OMPI.

fournisseurs GALEC

Faux bons de commande aux fournisseurs GALEC : un cybersquatteur pris la main dans le sac

Les fournisseurs du GALEC sont devenus la cible d’une nouvelle fraude en ligne. Un nom de domaine imitant celui de la centrale d’achat du groupe E.Leclerc a Ă©tĂ© utilisĂ© pour envoyer un faux bon de commande. Par consĂ©quent, la sociĂ©tĂ© GALEC a dĂ» engager une procĂ©dure UDRP. Celle-ci a abouti, en juillet 2025, au transfert du nom <le-galec.com>.

En effet, cette affaire illustre bien les risques croissants d’usurpation d’identitĂ© par noms de domaine. C’est pourquoi la vigilance reste essentielle.

Qui est GALEC et pourquoi ses fournisseurs sont visés ?

Tout d’abord, il faut comprendre le rĂŽle de la sociĂ©tĂ© GALEC. La SC GALEC (SociĂ©tĂ© CoopĂ©rative Groupements d’Achats des Centres Leclerc) agit comme centrale d’achats pour tous les magasins E.Leclerc. Autrement dit, elle nĂ©gocie les contrats, coordonne les approvisionnements et gĂšre les flux entre enseigne et fournisseurs.

Par conséquent, les fournisseurs du GALEC échangent réguliÚrement par e-mail avec ses acheteurs. Cela crée un environnement propice aux escroqueries, notamment par phishing ciblé.

Un nom de domaine enregistré pour tromper

Le nom de domaine <le-galec.com> a Ă©tĂ© enregistrĂ© le 12 mars 2025. À premiĂšre vue, il semble lĂ©gitime. Cependant, il ne l’était pas. Ce domaine ne renvoyait Ă  aucun site officiel. Au lieu de cela, le fraudeur s’en est servi pour tromper un fournisseur.

En effet, le 1er avril 2025, un courriel frauduleux est parti d’une adresse e-mail construite à partir de ce nom de domaine.

Le message imitait parfaitement ceux de GALEC. Il proposait une commande fictive. Le fournisseur a heureusement détecté la tentative à temps. Néanmoins, le risque de confusion était élevé.

Fournisseurs GALEC : des cibles vulnérables aux attaques

De toute Ă©vidence, le fraudeur ne pouvait ignorer l’existence du RequĂ©rant. GALEC est une structure incontournable du secteur de la distribution. De plus, la vitesse entre l’enregistrement du domaine (12 mars) et l’envoi du faux courriel (1er avril) prouve une intention frauduleuse.

Ainsi, l’affaire concernait directement les fournisseurs GALEC, qui ont Ă©tĂ© visĂ©s par une usurpation bien orchestrĂ©e. Il s’agissait de soutirer de la marchandise ou des informations commerciales sensibles.

Une procédure UDRP bien menée

Face Ă  cela, GALEC a agi vite. Elle a engagĂ© une procĂ©dure UDRP devant l’OMPI. Le RequĂ©rant, SC GALEC, a Ă©tĂ© reprĂ©sentĂ© par le cabinet spĂ©cialisĂ© MIIP – MADE IN IP, Conseil en PropriĂ©tĂ© Industrielle.

Le DĂ©fendeur n’a pas rĂ©pondu. De ce fait, l’arbitre a constatĂ© que :

  • le nom de domaine <le-galec.com> Ă©tait confusĂ©ment similaire Ă  la marque GALEC,
  • le titulaire n’avait aucun droit lĂ©gitime,
  • l’utilisation prouvait la mauvaise foi.

En conséquence, la décision UDRP n°D2025-1969 du 9 juillet 2025 a ordonné le transfert du nom de domaine à GALEC.

📄 Lire la dĂ©cision complĂšte (PDF)

Une tendance inquiétante

Cette tentative de fraude s’inscrit dans une tendance plus large. Les escrocs ciblent les partenaires de grandes marques via des noms de domaine trùs proches des originaux.

Par exemple, une autre affaire impliquant un faux bon de commande Leclerc a été analysée ici :
👉 Alerte aux faux bons de commande Leclerc – faux.fr

Ainsi, les fournisseurs du GALEC doivent rester vigilants. D’une part, en vĂ©rifiant les expĂ©diteurs des emails. D’autre part, en signalant tout comportement suspect.

Protéger ses fournisseurs et son image de marque

Cette dĂ©cision UDRP prouve qu’il est possible de rĂ©agir efficacement. Cependant, elle souligne aussi l’importance d’une surveillance proactive des noms de domaine.

Les marques comme GALEC doivent se protéger, non seulement pour défendre leurs droits, mais aussi pour protéger leurs partenaires commerciaux.

En fin de compte, il en va de leur réputation
 et de leur sécurité.

Typosquatting et fausse facture Veolia : le nom de domaine veclia.com devant l’OMPI

Dans une dĂ©cision UDRP, le centre d’arbitrage de l’OMPI a ordonnĂ© le transfert du nom de domaine veclia.com, un typosquatting utilisĂ© pour envoyer une fausse facture Veolia.

Ce dernier a imitĂ© le nom de domaine lĂ©gitime veolia.com. De plus, il a alors Ă©tĂ© utilisĂ© dans une campagne d’hameçonnage visant Ă  tromper un client rĂ©el de Veolia.

Veolia est un groupe français mondialement reconnu pour ses activitĂ©s dans la gestion optimisĂ©e des ressources. PrĂ©sent sur les cinq continents, Veolia conçoit et fournit des solutions pour la gestion de l’eau, des dĂ©chets et de l’Ă©nergie. Sa mission est de contribuer au dĂ©veloppement durable des villes et des industries. L’entreprise emploie plus de 220 000 collaborateurs Ă  travers le monde. Pour plus d’informations, consultez leur site officiel : www.veolia.com.

Une fausse adresse e-mail pour une fausse facture Veolia

Dans l’affaire Veolia Environnement SA v. Domain Admin, Privacy Protect LLC (PrivacyProtect.org) (D2023-3246), la plaignante a dĂ©montrĂ© que le nom de domaine veclia.com a servi Ă  gĂ©nĂ©rer une adresse e-mail frauduleuse. Cette derniĂšre ressemble de plus fortement Ă  une adresse authentique du groupe.

Cette adresse a été utilisée pour envoyer à un client de la filiale australienne une fausse facture Veolia, prétendument émise par un employé du groupe.

Le stratagÚme est allé plus loin. Le message a mis en copie un autre supposé collaborateur du groupe. Cela a toujours été réalisé avec une adresse en @veclia.com.

Ce type d’attaque, trĂšs sophistiquĂ©, vise Ă  donner une apparence lĂ©gitime Ă  la demande de paiement.

Le client ciblĂ©, bien rĂ©el, risque ainsi de verser des fonds sur un compte bancaire contrĂŽlĂ© par l’escroc.

Typosquatting : veclia.com au lieu de veolia.com

Le cƓur de la fraude repose sur une technique bien connue dans le cybercrime. Il s’agit du typosquatting. Ici, le nom de domaine veclia.com remplace subtilement la lettre “o” par un “c” dans “Veolia”. Ce changement minime passe alors facilement inaperçu. C’est d’autant plus le cas surtout dans une adresse e-mail. Il s’agit ainsi d’une mĂ©thode classique pour tromper les destinataires. Ces derniers sont alors inciter Ă  effectuer des paiements frauduleux.

Le collÚge arbitral a constaté que le nom de domaine litigieux est confusément similaire à la marque VEOLIA, déposée et protégée. Il a jugé que le nom a été enregistré de mauvaise foi. Cela a été notamment démontré en raison de son utilisation dans une tentative manifeste de tromperie financiÚre.

Le panel de l’OMPI a statuĂ© en faveur de Veolia et ordonnĂ© le transfert du nom de domaine veclia.com. L’argumentation du plaignant a Ă©tĂ© soutenue par des preuves solides. Il s’agit notamment de la copie du faux e-mail. La similitude Ă©vidente entre les noms de domaine et l’usage frauduleux qui en a Ă©tĂ© fait confortent la dĂ©cision.

Cette affaire rappelle un prĂ©cĂ©dent similaire Ă©galement liĂ© Ă  Veolia. Cette affaire est d’ailleurs disponible dans cet article : Usurpation d’identitĂ© de Veolia dans une autre affaire de phishing

Faux email KPMG

Un faux email KPMG demande le virement de 384 785 $

Le rĂ©seau international de cabinets d’audit et de conseil, KPMG, remporte une procĂ©dure extrajudiciaire « UDRP Â» contre un nom de domaine utilisĂ© pour l’envoi de faux email.

KPMG est l’un des principaux prestataires mondiaux de services d’audit, de fiscalitĂ© et de conseil. Ces services sont fournis par les cabinets membres de KPMG sous la marque KPMG. Les cabinets membres du rĂ©seau de cabinets indĂ©pendants de KPMG exercent leurs activitĂ©s dans environ 143 pays. De plus, ils emploient plus de 265 000 personnes.

La sociĂ©tĂ© d’audit dĂ©tient plus de 480 enregistrements de marques contenant l’expression KPMG dans le monde entier.

Pourtant, un fraudeur sis en Israël, a enregistré le nom de domaine <kpmg-auditors.com> en 2023. Dans ce cas, le nom de domaine litigieux reproduit la marque KPMG dans son intégralité et la combine avec le terme anglais « auditors ».

Le nom de domaine ne renvoie pas Ă  un site web valide. Cependant, un nom de domaine inactif au niveau web peut ĂȘtre utilisĂ© pour des courriers Ă©lectroniques. Le monitoring SecURL de nom de domaine sensible proposĂ© par Solidnames permet de dĂ©tecter ce type d’usage.

Dans ce litige, le nom de domaine a bien été utilisé pour créer une adresse électronique se faisant passer pour un employé de KMPL. Il a alors contacté les clients de ce dernier, à des fins frauduleuses et criminelles.

Escroquerie par courrier électronique frauduleux

L’entreprise de conseil a alors engagĂ© une procĂ©dure extrajudiciaire « UDRP » numĂ©ro D2023-2156 auprĂšs de l’OMPI.

En effet, quelques jours aprĂšs l’enregistrement du nom de domaine litigieux, l’escroc a utilisĂ© des adresses e-mail.

Il a alors contacté un client de KPMG en lui fournissant ses coordonnées bancaires à Hong Kong, en Chine. Par la suite, il a demandé le transfert de 384 785,00 USD.

De plus, le courrier électronique frauduleux ressemble aux courriers électroniques légitimes habituellement envoyés par KPMG.

En fait, son client a reçu un courrier Ă©lectronique prĂ©tendant provenir de l’un des employĂ©s (utilisant l’adresse e-mail « [
]@kpmg-auditors.com »).

Ledit courrier Ă©lectronique doit ĂȘtre considĂ©rĂ© comme une escroquerie par courrier Ă©lectronique frauduleux.

Les adresses e-mail liĂ©es au nom de domaine litigieux avaient pour seul but d’induire en erreur le destinataire en lui faisant rediriger les paiements destinĂ©s Ă  KPMG vers un compte bancaire non autorisĂ© sous le contrĂŽle du fraudeur.

KMPG alerte ses clients contre de faux email

KPMG a bien conscience des escroqueries qui visent sa sociĂ©tĂ©. Sur son site web, la firme rappelle les points de vigilance suivants :

  • « Le fraudeur peut usurper l’identitĂ© d’un collaborateur qui travaille chez KPMG ou utiliser une identitĂ© fictive ;
  • Il peut utiliser des adresses email ressemblant Ă  celles utilisĂ©es par les collaborateurs de KPMG. Bien souvent les escrocs font des ajouts du type « audit » ou « cabinet ». On ne peut toutefois pas exclure que des escrocs fabriquent des adresses Ă  la syntaxe identique Ă  l’original ;
  • Les comptes bancaires des fraudeurs sont souvent soit domiciliĂ©s Ă  l’étranger, soit hĂ©bergĂ©s en France auprĂšs d’établissements financiers en ligne ».

Ce n’est pas la premiĂšre fois que KPMG rĂ©cupĂšre des noms de domaine litigieux via une victoire en « UDRP ». Le cabinet de conseil a ainsi remportĂ© une procĂ©dure contre <uk-kpmg.com> utilisĂ© pour une escroquerie au financement.

L’entreprise d’audit a aussi signĂ© une victoire contre <kpmg-consulting.com> utilisĂ© des fins d’escroqueries par usurpation d’identitĂ© de professionnels KPMG.